Julien, responsable école de surf
/// par Michel, vendredi 28 juillet 2006 à /////// dans Interviews
Julien, 24 ans, est le responsable de l'école de surf et de bodyboard de l’UCPA
du Cap Ferret. La peau brunie par le soleil, ce moniteur s’est plié
avec décontraction à l’exercice de l’interview, et nous livre ses sentiments sur le surf, les jeunes et l’environnement. Quel est ton parcours ?
Je surfe depuis que j’ai environs douze ans. J’ai bossé pas
mal de temps avec une école de surf montée par un pote. Je donnais
un coup de main, j’accompagnais les moniteurs et les jeunes licenciés.
Jusqu’au jour où j’ai décidé de passer mon
brevet d’état. J’avais 18 ans. Depuis j’enseigne.
Que penses-tu de l’UCPA ?
C’est super cadré. Au début c’était un peu
déstabilisant parce que je n’avais pas l’habitude de travailler
avec une structure aussi bien organisée, mais au final on y est bien
formé et le mode de fonctionnement est rassurant. Rien n’est laissé
au hasard.
Tu enseignes le surf aux 13-15 ans, que penses-tu de cette tranche
d’âge ?
J’ai commencé le surf tout seul. Je faisais des kilomètres
en vélo, puis à pied dans le sable avant de prendre les vagues,
livré à moi-même. Aujourd’hui j’ai l’impression
que les jeunes arrivent en songeant que tout va être facile. Du coup je
ne peux m’empêcher de les faire réfléchir un peu,
pour leur faire prendre conscience de la richesse et de l’histoire du
surf. Pour réussir il faut essayer, s’entraîner, s’obstiner
un peu.
Et ça marche ?
En cinq demi-journées de pratique certains arrivent à bien s’éclater.
Avec de bonnes vagues, on arrive facilement à permettre à chacun
de glisser debout rapidement, pour la plupart dans les 2 premières séances,
lorsque les vagues le permettent. Donc je pense que ça marche, en effet.
Tu as une technique en particulier ?
Le surf tandem est une technique parmi d’autres, mais elle fonctionne
assez bien. En fait il s’agit d’une planche de surf pouvant accueillir
deux personnes. Lorsque les conditions le permettent, j’accompagne le
stagiaire dans son approche de la discipline, en lui montrant comment ramer,
quand se lever et comment trouver son équilibre. Ca permet également
à l’élève de sentir le moment où la vague
le porte, pour mieux l’appréhender seul.
Comment abordes-tu la pratique du surf avec ces jeunes ?
Au début je les fais surtout appel à leur ressenti, leur perception,
et leur expérience personnelle de l’océan et des vagues
si elle existe. Je commence rarement par de la technique « brute ».
De toute façon la progression est individuelle, donc mes conseils le
sont aussi, selon le niveau du stagiaire, sa force physique et son envie de
réussir. Dès le premier jour, j’aborde des sujets concernant
l’environnement de la pratique en leur décrivant la forme de nos
côtes, les courants locaux, le fonctionnement d’une dune ou d’un
banc de sable. Il est important qu’ils comprennent le fonctionnement d’une
plage et des vagues qui y déferlent avant les techniques du surf, d’autant
plus que certains n’ont jamais vu l’océan avant…
L’environnement est un point essentiel ?
Surf rime avec environnement. Tu jettes un papier dans l’eau et un dauphin
le prend pour un aliment naturel. Imagine la suite... La pollution est un désastre
pour notre planète et l’océan en fait les frais. Selon moi,
un vrai surfeur est avant tout un curieux des systèmes naturels qui l’entourent.
En général il les connaît et sait les expliquer à
d’autres (dunes, baïnes, plage, vagues, marées). Et puis la
connaissance de l’environnement permet également d’être
plus en harmonie avec ce qui nous entoure. J’insiste beaucoup durant les
stages sur les difficultés entraînées par les marées,
mais également sur l’analyse des vents, les configurations des
vagues, leur impact sur la planche... Tout est lié.
Les jeunes réussissent-ils mieux que les adultes ?
Les jeunes comprennent et « sentent » plus vite en effet, ils ont
moins d’inhibitions, même s’il ne faut pas en faire une généralité.
Je remarque plutôt une différence entre les filles et les garçons.
Les premières écoutent et sont plus attentives aux règles
de fonctionnement du groupe et du milieu tandis que les garçons foncent
tête baissée sans toujours prendre conscience des risques et des
contraintes. Il faut bien souvent rappeler les choses plus souvent, mais ça
se passe toujours très bien.
Et pour ceux qui baissent les bras… ?
S’ils se découragent je leur propose d’essayer le bodyboard.
Le tout est qu’ils s’éclatent. Si ça ne marche pas
avec le body, je réessaye avec le surf et souvent ça passe mieux.
Le surf, c’est un dialogue. Il faut communiquer avec les vagues pour bien
les utiliser. Et quand ça commence à fonctionner enfin, on fixe
l’enchainement pour le reproduire une fois, deux fois, et ainsi de suite.
Ensuite, c’est que du bonheur.
Propos recueillis par Magali LAURENT



Commentaires
1. Le samedi 26 août 2006 à , par jo
2. Le lundi 28 août 2006 à , par kro
3. Le mardi 26 septembre 2006 à , par walid
4. Le mardi 23 janvier 2007 à , par Josephine
5. Le mardi 23 janvier 2007 à , par mery
6. Le mercredi 31 janvier 2007 à , par zoun
7. Le mardi 27 mars 2007 à , par rachid
8. Le vendredi 30 mars 2007 à , par Jordan " Wadel "
9. Le jeudi 12 avril 2007 à , par sImsIm
10. Le dimanche 29 avril 2007 à , par tropicana surf
11. Le samedi 18 août 2007 à , par Elise
12. Le mardi 2 octobre 2007 à , par mohamed
13. Le dimanche 23 décembre 2007 à , par romain
Ajouter un commentaire